Himalia

J’ai testé cette recette de blanquette : aussi bonne que l’originale, mais beaucoup moins chère !

Une blanquette de poulet

Nous sommes le 8 novembre 2025. Le froid s’installe durablement, et avec lui, une envie irrépressible de plats mijotés, comme une bonne joue de porc fondante ou, l’icône absolue : la blanquette. C’est le plat en sauce iconique, le préféré des Français. Mais voilà, il y a un problème : la blanquette, la vraie, c’est du veau. Et le veau, c’est cher. C’est aussi très long à cuire, souvent 1h30 au minimum.

C’est un plat de dimanche midi, pas un plat de semaine quand on est fatigué et qu’on veut juste bien manger. Et si on vous disait que vous pouviez avoir tout le réconfort, toute l’onctuosité, et tout le goût de la blanquette, mais en 30 minutes de cuisson et pour la moitié du prix ?

Oubliez vos préjugés. La blanquette de poulet n’est pas une « fausse » blanquette. C’est une variante tout aussi classique et gourmande, à condition de connaître la vraie méthode pour la rendre « ultra-crémeuse ». Voici la recette qui va sauver vos dîners cet hiver.

Blanquette de poulet : le réconfort du classique, le prix (et le temps) en moins

Le premier mythe à faire tomber, c’est que la blanquette de poulet serait une version au rabais. C’est une variante tout aussi classique et gourmande, un plat réconfortant n°1, juste à côté du gratin de coquillettes de notre enfance. Le principe reste le même : une viande blanche, une cuisson douce, et une sauce liée à la crème et au jaune d’œuf.

L’avantage immense du poulet, c’est le temps de cuisson. Là où le veau (épaule ou tendron) doit mijoter des heures pour devenir fondant, le poulet est parfaitement poché et tendre en 30 minutes. C’est tout aussi tendre, beaucoup plus rapide (à peine plus qu’un bon poulet yassa), et parfait pour un repas de semaine.

L’autre avantage, c’est le prix. Le poulet, surtout si on utilise des cuisses, est bien plus économique que le veau, tout en garantissant une viande qui ne sera jamais sèche et qui a beaucoup de goût.

Mais attention, faire une blanquette de poulet, ce n’est pas juste faire un « poulet à la crème ». Pour mériter le nom de « blanquette », il faut respecter la méthode, celle qui donne cette sauce veloutée, riche, et d’un blanc parfait. Et cette méthode tient en deux temps : le roux et la liaison.

La recette facile de la blanquette de poulet ultra-crémeuse

Ici, pas de raccourci avec de la maïzena. On fait la vraie sauce, la seule qui donne ce résultat « ultra-crémeux ». C’est cette méthode qui est la recette. Pour une tendreté maximale, nous privilégions les cuisses de poulet, bien plus savoureuses que les blancs.

Les Ingrédients (pour 4 personnes) :

  • 4 belles cuisses de poulet (ou 800g de hauts de cuisse désossés)
  • 1 oignon piqué d’un clou de girofle
  • 2 carottes
  • 1 poireau (le blanc)
  • 1 bouquet garni (thym, laurier)
  • 1 litre de bouillon de volaille (cube ou maison)
  • 250g de champignons de Paris frais
  • 30g de beurre
  • 30g de farine (pour le roux)
  • 1 citron (juste un filet)

Pour la liaison « ultra-crémeuse » (le secret) :

  • 20 cl de crème liquide entière (30% M.G.)
  • 2 jaunes d’œufs
  • Noix de muscade, sel, poivre blanc

Les Étapes (la vraie méthode) :

1. La cuisson (sans brunir) : Le mot « blanquette » signifie qu’on ne colore jamais la viande. Mettez les cuisses de poulet dans une cocotte. Coupez les carottes en rondelles et le poireau en tronçons, ajoutez-les avec l’oignon piqué et le bouquet garni. Couvrez à hauteur avec le bouillon de volaille froid. Portez à frémissement (surtout pas à gros bouillons) et laissez mijoter 30 minutes à couvert.

2. Les champignons : Pendant ce temps, coupez les champignons en quatre. Faites-les « suer » dans une poêle à part avec une noisette de beurre jusqu’à ce qu’ils aient rendu leur eau. Réservez.

3. Le Roux Blanc : Quand le poulet est cuit, sortez-le avec les légumes et gardez-les au chaud. Filtrez le bouillon (vous en avez pour environ 75cl). Dans la même cocotte, faites fondre les 30g de beurre. Ajoutez les 30g de farine et fouettez vivement pendant 2 minutes à feu doux. Le mélange doit mousser mais ne doit jamais colorer (c’est un roux « blanc »).

4. Le Velouté : Versez le bouillon chaud, louche par louche, sur le roux sans cesser de fouetter. Cela va créer une sauce de base, le « velouté ». Laissez-la mijoter 5 minutes à feu très doux pour qu’elle épaississe.

5. La Liaison (le Cœur de la recette) : C’est là que tout se joue. Dans un bol, fouettez la crème liquide et les 2 jaunes d’œufs. Coupez le feu sous la cocotte. Versez une louche de sauce chaude dans le bol (pour « tempérer » les œufs), fouettez, puis reversez ce mélange dans la cocotte. Mélangez bien.

6. L’assemblage : Remettez le poulet, les carottes, le poireau et les champignons égouttés dans la sauce. Ajoutez un filet de jus de citron, une râpée de muscade, du sel et du poivre. Mélangez. C’est prêt.

L’étape très importante pour une sauce parfaite (et nos conseils pour la servir)

Vous avez réussi le plus dur. Mais il y a une règle d’or, une interdiction absolue pour que votre blanquette reste « ultra-crémeuse » et ne devienne pas granuleuse. Les experts sont formels sur ce point : il ne faut JAMAIS faire rebouillir la sauce une fois que les jaunes d’œufs sont dedans.

Pourquoi ? La chaleur excessive (plus de 85°C) ferait coaguler les jaunes instantanément. Votre sauce crémeuse se transformerait en une sorte « d’œufs brouillés » granuleux. La liaison se fait hors du feu, la sauce est juste maintenue au chaud par la chaleur résiduelle de la cocotte. C’est le seul et unique secret pour une sauce lisse comme du velours.

En choisissant les cuisses de poulet, vous vous êtes aussi assuré une viande qui reste incroyablement tendre et juteuse, même réchauffée, ce qui est plus difficile avec le blanc de poulet qui a tendance à s’assécher.

Pour le service, ne réfléchissez pas. C’est un plat en sauce généreux. L’accompagnement parfait, l’incontournable, est un riz blanc tout simple (Basmati ou Thaï) ou de petites pommes de terre vapeur. Vous avez besoin de quelque chose de neutre pour absorber cette sauce divine. Un plat complet, équilibré (oui, c’est un plat complet !), et qui fait un bien fou. Vous avez le goût de l’enfance, sans le prix du veau ni le temps d’attente. Bon appétit !

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